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jeudi 6 juin 2019

Synthèse des quatre rencontres sur le cléricalisme


Dans la suite de notre synode diocésain et en réponse à la lettre du pape François (août 2018) aux catholiques du monde, nous avons débattu, dans l’esprit de dialogue et de liberté de notre groupe, des excès du cléricalisme (considéré comme terreau favorisant les abus actuels).
            A cette occasion, nous avions souhaité aller vers les « périphéries », c’est à dire parfois en des lieux « profanes » (salle d’un cinéma art et essai ou d’une brasserie) pour débattre avec le plus grand nombre de ces questions qui ne concernent pas uniquement les croyants pratiquants.

Synthèse des réunions

Propositions pour réparer l’Église :

Les constatations des défauts dans l’organisation de la vie en Église ont été nombreuses (voir ci-après) ; elles nous ont suggéré, avec un large assentiment des participants, des propositions concrètes pouvant contribuer à y remédier. Nous souhaitons les mettre en avant pour manifester notre confiance dans notre Église et notre espoir.
-      Promotion de lieux où la parole puisse circuler entre tous.
-     Clarification dans l’Église des notions de service, pouvoir et d’autorité.
-     Délivrance plus systématique de lettres de mission (pour clercs et laïcs).
-    Davantage d’ouverture sur le monde pour les séminaristes en formation.
-    Obligation de consultation d’assemblées « paroissiales » dans chaque secteur et participation de ces assemblées lors de la nomination d’un prêtre.
-   Assemblées dominicales avec partages (parole, prière, communion), même en l’absence de prêtre, pour que la communauté puisse se réunir et continuer à vivre.
-    Bénédictions réciproques (entre prêtres et laïcs).
-    Le droit canon devrait être ajusté aux réalités sociétales.

Liste (non exhaustive !) des défauts constatés


Lors d’une première réflexion relative à l’égalité de tous devant le baptême (tous prêtres, prophètes et rois), nous avons estimé que le travail de cette appropriation de l’égalité n’est pas assez souvent mis en œuvre, en fonction des dons de chacun. L’affirmation encore prégnante « Hors de l’Église, point de salut » nous paraît déraisonnable et d’ailleurs des personnes non baptisées peuvent bénéficier d’obsèques religieuses.
            Nous avons ensuite échangé sur le manque de lieux de débats dans l’Église ; les positions divergentes sont difficilement écoutées, le risque habituel étant d’être qu’elles soient très mal perçues par des clercs, et même certains laïcs, qui ont peur d’une prise de pouvoir par les laïcs.
            Quant à la place respective des clercs et des laïcs, les prêtres et les séminaristes sont souvent considérés comme des surhommes, des « hommes de Dieu ». Les laïcs leur attribuent un pouvoir démesuré. La place des diacres n’est, quant à elle, pas suffisamment définie.

            L’institution Église est perçue comme un monde fermé, un « bocal » a-t-il été dit, dans lequel les fonctions, les façons de penser le pouvoir, la transmission des idées ne peuvent évoluer que très lentement, avec un décalage croissant par rapport au monde contemporain.

La 4ème rencontre portant plus spécifiquement sur le rôle des femmes dans l’Église, a fait apparaître quatre points principaux

- L’Église aggrave le clivage homme/femme présent dans la société au lieu de faire rupture et de le réduire. Dans l’Église, la femme est réduite à sa fonction sexuée traditionnelle. La peur de la femme de la part des clercs est entretenue par l'absence de contacts réguliers et simples entre hommes du clergé et femmes laïques lors de la formation des prêtres et dans l'exercice de leurs ministères.

- La différence entre commentaire d'évangile (accessible aux laïcs) et homélie (réservée aux prêtres) peut être frustrante mais concerne plutôt le clivage entre clercs et laïcs que celui entre hommes et femmes. Cette différence n'a pas lieu d'être et ne trouve pas de justification en dehors de la nécessaire formation.

- Le droit canon ne vient pas de Dieu. Comme tout droit, il a pour vocation la mise en forme de l'existant pour en garantir les limites.

- A propos de la dualité hommes-femmes , nous remarquons que l'évangile représente les identités spirituelle et incarnée de l'être humain par les figures de Marthe et Marie. Ce sont donc en 2 femmes que sont réunies ces dimensions et non par un homme et une femme.

vendredi 21 décembre 2018

2019 : cycle de quatre rencontres sur le thème "sortir du cléricalisme"

La lettre au peuple de Dieu que le pape François a publiée au mois d'août dernier nous a fortement interpellés lors de nos premières rencontres à la rentrée.
Le dossier publié dans le journal La Croix "dix pistes pour sortir du cléricalisme " nous semble un bon support pour réfléchir à notre niveau sur ces questions qui nous concernent tous , clercs et laïcs , hommes et femmes.
C'est pourquoi nous avons décidé d'organiser quatre rencontres pendant le 1er semestre 2019 et d'y convier tous ceux  et celles qui souhaiteront venir enrichir notre débat.
Pour cela , nous diffusons largement la lettre d'invitation ci-dessous : 

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Objet : Invitation à venir débattre sur le cléricalisme
(+ d’info : écrire à : « Dialogue et Liberté » (dl33@laposte.net)

Bonjour,

Le groupe « Dialogue et Liberté » composé de baptisés catholiques, se donne pour but d'échanger sur les questions de société, à la lumière de la Foi et en communion avec L’Église.
Notre expérience d'une dizaine d'années nous a permis d'apprécier la richesse d'un dialogue libre et respectueux de nos différences ;


La récente « lettre du pape au peuple de Dieu »  nous interpelle fortement et nous engage à agir à notre échelle ;

Aussi prendrons-nous cette année comme fil conducteur de nos rencontres, le document paru dans La Croix (29/08/2018) : "dix pistes pour sortir du cléricalisme" ;

Pour 2019, nous sortons de nos lieux habituels de réunion pour échanger avec d’autres dans l'esprit du synode diocésain.
Nous serions heureux de vous rencontrer lors de l’une de ces réunions voire de plusieurs !
Elles se tiendront de 20 h 30 à 22 h

10 janvier 2019 :
lieu : salles paroissiales Saint Nicolas, rue Saint Nicolas, Bordeaux, tram B (arrêt St Nicolas)
Thème : L'égalité de tous devant le baptême (cf La Croix piste 3)

7 février 2019 :
lieu :cinéma l’Utopia, place Camille Jullian, Bordeaux, tram A (arrêt Place du Palais ou Sainte Catherine)
Thème : Utiliser sa liberté de parole  (cf  La Croix piste 5 )

7 mars 2019 :
lieu : Maison Beaulieu, rue de Saint Genès, Bordeaux, tram B (arrêt Bergonié ou Barrière Saint Genès)
Thème : Mettre prêtres et laïcs à leur juste place (cf La Croix piste 1 et piste 2 )

7 mai 2019 : (et non le premier comme précédemment annoncé)
lieu :Bistrot Niel, 7 avenue Abadie, Bordeaux-Bastide, tram A (arrêt Jardin botanique)
Thème : La place des femmes dans l’Église (cf La Croix piste 9 et piste 10 )

Pour adresser une question, avoir un complément d’information…
envoyer un courriel à « dialogue et liberté » ( dl33@laposte.net )

Dans l’attente du plaisir de vous retrouver, nous vous souhaitons de belles fêtes de Noël et de fin
d’année.
Dialogue et Liberté

samedi 12 décembre 2015

"N'ayons pas peur"

 

Publication d'un triptyque sur l'accueil des migrants


Pourquoi ce document ? (Des indications pour se le procurer figurent à la fin de cet article.)

L'actualité du début de cet automne nous a incités , dans le groupe Dialogue et Liberté, à réfléchir sur les questions posées par l'arrivée en Europe et en France de nombreux  migrants , qu'ils soient candidats au statut de réfugiés ou migrants économiques. Les attentats du 13 novembre nous ont surpris en pleine élaboration du document ci-dessous portant sur l'accueil des migrants en France et qui, malgré tout, conserve à nos yeux toute sa pertinence. 
Ce document (les six pages en encadré), diffusé en divers points de Bordeaux et environs, peut susciter des interrogations.
Cet article propose des commentaires et des liens en complément du document proprement dit afin d'aider à comprendre notre démarche.

Mais, à propos, qu'appelle-t-on un "immigré"
     

    Selon la définition adoptée par le Haut Conseil à l'Intégration -en 1991-  et reprise par l'I.N.S.E.E.,  un immigré est  «une personne née étrangère  à l'étranger  et  résidant en France».
    Étant bien précisé qu'un immigré devenu Français par naturalisation n'est plus un étranger, mais continue d'appartenir à la population immigrée,  avec les immigrés restés étrangers.
    Et que les enfants nés en France d'immigrés et choisissant la nationalité française à leur majorité,  ne sont pas des étrangers et ne font pas partie de la population immigrée

voir aussi à ce propos le site de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM):

le glossaire complet étant disponible ICI

L'article d'entretien sur   Migrant, réfugié: quelles différences? avec Catherine Wihtol de Wenden, politologue spécialiste de la migration, publié sur le site "CNRS-Le Journal" le 22 septembre 2015 apporte des précisions sur le droit de migrer.


DOCUMENT TRIPTYQUE DE «DIALOGUE ET LIBERTÉ»

volet 1




les flèches sur la carte ci-dessus évoquent le bilan de l'INSEE publié récemment
(années 2006 à 2013)
dans lequel il apparaît que, jusqu'aux évènements de ces deux dernières années ,
les flux migratoires entrants et sortants tendent à s'équilibrer.

Nous y voyons

l'appel à la fraternité inscrit dans la déclaration universelle des droits de l'homme



et un appel à la raison;
 
En effet, les chiffres de l'I.N.S.E.E. apportent des éléments de réponse à la question:
 
«Combien d'immigrés en France?»

- En flux annuels d'immigrés:
Nb./An        2006        2013
Entrées    193.000    235.000
Sorties    -29.000    -95.000
Soldes    164.000    140.000

    - Des flux de cet ordre expliquent une population immigrée,  au 01-01-2014,  de 5,9 millions de personnes,  représentant  8,9 %  de la population totale résidant en France.

[Source: Étude INSEE «L’analyse des flux migratoires entre la France et l’étranger entre 2006 et 2013», parue dans "Insee Analyses" N° 22 - octobre 2015]


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 volet 2


La France ,fière d'être qualifiée "terre d'asile" , prend-elle fidèlement sa part de la misère portée par les migrants?
Réponses mitigées selon ces études de l'OCDE

étude 2012 de l'OCDE sur des "indicateurs de l'intégration des immigrés" - fiche concernant la France
volet 3



l'immigration en France n'est pas un phénomène nouveau;
l'expérience passée a montré qu'elle peut être bénéfique pour notre pays

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volet 4


les religions du livre et l'accueil de l’Étranger

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 volet  5


réflexions ou questionnements dans la vie de tous les jours

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volet 6



 comment joindre les associations et organismes cités
                                déplacer le curseur du bas de  l'écran de gauche à droite pour lire toutes les informations






Nom de l'association adresse téléphone mail ou site WEB missions compétences





ASTI
10 rue Causserouge 33000 BORDEAUX
05 56 92 65 98 astibordeaux@gmail.com
Banque Alimentaire de Bordeaux ZI Alfred Daney Rue Bougainville 33300 Bordeaux 05 56 43 10 63 philippe.idiartegaray@banquealimentaire33.org
jfr.belliard@banquealimentaire33.org
Lutte contre le gaspillage - Distribution alimentaire -Favoriser l'insertion des publics par le bénévolat et le travail en partenariat (pôle emploi et missions locales) :
 complément alimentaire si nécessaire, accueil pour l'insertion et la remise au travail.
CCFD Terre Solidaire 64 rue de Dijon 33100 Bordeaux 05 56 96 69 83 ccfd33@ccfd-terresolidaire.org Lutte contre les causes structurelles de la faim dans le monde ici et là bas : collecte de fonds et mobilisation du réseau (documents et logistique)
CIMADE 32 rue du Commandant Arnould 33000 Bordeaux 05 56 44 96 10 bordeaux@lacimade.org aide juridique et administrative pour les migrants (demandeurs d'asile et autre): permanences et interventions au CRA
Collectif pour l'égalité des droits Maison des associations 11 rue du 8 mai 1945 33350 Cenon 06 75 39 18 79 collectif.egalite@free.fr Permanence d'accueil : accompagnement dans les démarches, orientations, dans la vie quotidienne.
COS-PADA 74 rue Georges Bonnac Tour 6 Etage 1 33000 Bordeaux 05 57 81 25 90 pada@cos-asso.org
Diaconat de Bordeaux  32 Rue du Commandant Arnoult 33000 Bordeaux 05 56 44 76 17 contact@diaconatbordeaux.fr Aide sociale générale et hébergement (temporaire, CHRS, sous-location) - recherche de logements et accompagnement des familles
Foyer Fraternel Bordeaux 23 rue Gouffrand - 33300 Bordeaux 05 57 87 13 92 http://www.centresocial-foyerfraternel.fr/
France Terre d'asile Résidence Maurice Thorez Bâtiment D11 33130 BEGLES 05 57 59 10 66 http://www.france-terre-asile.org/accueil/etablissement/cada-de-begles
Médecin du Monde 2 r Charlevoix de Villers, 33300 BORDEAUX 05 56 79 13 82 http://www.medecinsdumonde.fr/ Prévention Santé - FLE
Pain de l'amitié 43 rue Saint Nicolas 33800 Bordeaux 06 07 84 35 59 paindelamitie33@gmail.com restaurant pour personnes à la rue et épicerie sociale (solidaire)
Pastorale des Migrants 21 rue Costedoat 33000 Bordeaux 06 01 72 79 74 patrice.vincey@yahoo.fr accueil des migrants et pastorale de communion
Réseau Éducation Sans Frontières RESF 33 - Bourse du Travail 44 Cours Aristide Briand 33075 Bordeaux cedex resf33@laposte.net http://resf33.free.fr/spip.php?rubrique3
Restos du cœur rue Robert Mathieu 33520 Bruges 05 56 43 89 88 http://www.restosducoeur33.org/
Secours Catholique 12 rue Thalès 33700 Mérignac 05 56 98 35 29 migrants.330@secours-catholique.org accompagnement des personnes en difficulté
Secours populaire Français en Gironde 95 Quai de Paludate 33800 BORDEAUX 05 56 92 79 92 contact@spf33.org
Société de Saint Vincent de Paul 26 rue du Commandant Arnould 33000 Bordeaux 05 56 48 22 07 ssvpbx@orange.fr aides à la personne en difficulté: alimentaire, vestiaire, activité autour du meuble, domiciliation (pour personnes en situation régulière)
Welcome Bordeaux
06 88 50 26 85 welcome.bordeaux@gmail.com accueil temporaire des demandeurs d'asile n'ayant pas de place en CADA et des réfugiés - personnes seules ou couple sans enfants









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Si ce document vous a intéressé, vous pouvez adresser un courriel à cette adresse : dl33@laposte.net
et nous demander le fichier PDF permettant l'impression des 6 volets sur une feuille A4 recto verso (pliage en trois)
et/ou  le fichier PDF d'un diaporama des 6 pages permettant, par exemple, de servir de support à une réunion de réflexion. 





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                                                                                                                                                                                                                                                     mise en ligne effectuée par Jean Derouault
 cliquez sur "plus d'infos" pour afficher une liste (non exhaustive) de liens qui apportent divers éclairages sur ces questions


vendredi 30 mai 2014

La loi naturelle et l’Église


En ce début d'année 2014, nous avions répondu au questionnaire proposé à tous les évêques catholiques du monde et aux catholiques de base pour préparer le synode romain sur la famille de 2014-2015; voir article précédent : http://dialogue-liberte.blogspot.fr/2014/02/questionnaire-sur-la-famille-pour.html

Parler de « loi naturelle » nous a interrogés et nous interroge encore au point que nous avons consacré trois de nos rencontres mensuelles à approfondir cette notion et ses implications. Bien qu'il ne soit pas aisé ni de rapporter l'ensemble des commentaires et réflexions émanant des sous-groupes qui ont planché séparément , ni d'en faire une synthèse, voici quelques thèmes importants qui ont émergé.


Par exemple :

 

La théorie de la loi naturelle a été élaborée par des philosophes, croyants ou non. 
Peut-on dire qu’elle est « loi divine » ?
Peut-on dire qu’elle doit s’imposer à notre conscience ?
 

            De même:


Nous avons apprécié les remarques de Philippe Bacq s.j. dans ses  « propos en guise de préparation au synode sur la famille ».

 Il explique que Thomas d’Aquin affirmait déjà,  à propos de la loi naturelle, que les personnes sont « Providence » les unes pour les autres.
Pour la plupart de nos contemporains la loi naturelle c’est simplement la loi biologique. 

Pour nous , alors, une question se pose d'urgence : Si   l’Église souhaite toujours se référer à Saint Thomas d’Aquin, quelle pédagogie doit-elle développer pour que, quand elle parle de loi naturelle, chacun soit invité  à « être providence pour autrui » ?

            la loi naturelle dans les textes de l’Église


Nous avons le sentiment que, trop souvent, le Magistère  brandit le concept de loi naturelle pour imposer une morale laissant peu de place à l’altérité.  Il nous paraît nécessaire que la réflexion commune s’ancre davantage dans le respect de la responsabilité individuelle. Il appartient à chacun d’éclairer sa propre conscience dans le dialogue avec les autres et sa rencontre avec Dieu.

            ou encore: 

"la loi naturelle est inscrite par Dieu au cœur de tout être humain" affirme le Magistère.

 "Dieu, nous ne le connaissons pas... » mais le Magistère le fait  parler !!! 

L’Église, Magistère et Peuple de Dieu ensemble, a la responsabilité d’annoncer le « commandement de l’amour selon l’Evangile » et de proposer à tous une loi universelle.
Cette loi, dans la diversité des cultures et des  anthropologies, permet aux hommes de vivre ensemble.
Le respect de la dignité de soi et de l’autre est cet universel  reconnaissable par tous.

           Loi naturelle et contraception:


La question n° 7 du questionnaire pour  le synode sur la famille évoque « des méthodes dites naturelles ». voir ce lien http://bordeaux.catholique.fr/secteur-pastoral-de-talence/la-paroisse/divers/questionnaire-preparatoire-du-synode-sur-la-famille

 Qu’est-ce qui est naturel ? La recherche des périodes de fécondation ou le blocage de la fécondation ? Évidemment ni l’une ni l’autre !!! Quand bien même une méthode serait naturelle, elle ne peut pas être  elle-même source de légitimité morale.

            Le débat n'est pas épuisé:

Amis lecteurs  qu’en pensez-vous ? Vos réactions, vos réflexions  nous intéressent ! Les commentaires seront bienvenus. A vos claviers !


mise en ligne le 29  mai par Jean Derouault



vendredi 7 février 2014

Questionnaire sur la famille pour préparer le Synode sur la famille mis en chantier par le pape François

 Notre groupe Dialogue et Liberté a trouvé très intéressante la proposition de l'évêché de réfléchir sur le questionnaire posé à propos de l'enquête lancée par le pape François en vue de la préparation du synode sur la famille qui doit se tenir à l'automne 2014. Il a travaillé  courant décembre 2013 en sous-groupes, puis s’est réuni en janvier 2014, en réunion plénière, pour apporter sa contribution au questionnaire préparatoire du synode sur la famille.
Cependant, le temps imparti pour formuler les réponses était bref et le nombre de nos rencontres limité, nous avons sélectionné quelques questions assez proches des thèmes que nous avions déjà abordés et avons rédigé une synthèse pour chacune des questions retenues de façon collégiale selon notre habitude.

Si vous souhaitez consulter l'intégralité du questionnaire, vous pouvez visiter ce lien

Voici ci-dessous nos réponses aux questions que nous avons retenues, telles que nous les avons adressées au service de la pastorale familiale du diocèse de Bordeaux. 

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NB : Les questions que nous avons sélectionnées  sont reproduites ci-dessous en couleur brune, et nos réponses sont présentées en vert .

 En avant-propos, le groupe ‘Dialogue et Liberté’ est heureux de pouvoir   répondre à un tel questionnaire. Cette initiative nous paraît très positive. Cependant nous sommes déroutés par le langage employé, difficile à  comprendre par la majorité des baptisés.


 2. Sur le mariage selon la loi naturelle

Il ne nous semble pas  qu’à l’époque actuelle  les couples se posent la question de la conjugalité sous l’angle de la loi naturelle. Ce n’est ni un sujet de préoccupation, ni un centre d’intérêt ; donc pas de contestation   pour un concept qui n’a pas d’écho dans notre société.

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 3. La pastorale de la famille dans le contexte de l’évangélisation

f) Quelle attention pastorale l’Église a-t-elle montré pour soutenir le cheminement des couples en formation et des couples en crise ?

Il y a beaucoup  de propositions qui sont nées de l’initiative de chrétiens,  tant pour la préparation que pour l’accompagnement en situations de crise, et cette diversité est bonne....  et à encourager. Il existe aussi beaucoup de propositions dans les paroisses.

Il faut noter l’intérêt de l’initiative de catholiques qui accompagnent la préparation et la célébration de mariages civils Les maires sont de plus en plus attentifs à la qualité de ces mariages civils.

On note que les personnes en difficulté se sont senties aidées et accompagnées par des prêtres dans les paroisses mais elles affirment toutes, en même temps, que le discours de l’Eglise  hiérarchique les rebute.

Il faudrait faciliter  une présence aux couples en crise. Faudrait-il  créer des services d’écoute pour les « couples en crise »,  à la manière des équipes d’accompagnement des familles en deuil ? (après formation indispensable).

Pourquoi interdire à des couples remariés après divorce de participer aux équipes de préparation au mariage ? Ils ont pourtant   une expérience riche à apporter. Certes il ne faut pas qu’ils soient les seuls dans la préparation !

Nous constatons que beaucoup de jeunes à la marge sur le plan de la foi (ce sont ceux que le Pape François veut rencontrer à la périphérie) souhaitent une « belle cérémonie » pour fêter leur union,  mais pas forcément un sacrement. Pourrait-on leur proposer une fête et un cheminement  catéchuménal comme pour le baptême des adultes ? Ce chemin pourrait aboutir  éventuellement au sacrement de mariage. Le mariage c’est la base de la solidarité humaine : les crises de l’emploi notamment sont souvent prises en charge, de fait,  par la solidarité familiale.

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4. Sur la pastorale pour affronter certaines situations matrimoniales difficiles

a)      Le concubinage ad experimentum est-il une réalité pastorale importante dans votre Église particulière ? À quel pourcentage pourrait-on l’estimer numériquement ?

b)      Existe-t-il des unions libres, sans reconnaissance aucune, ni religieuse ni civile ? Y-a-t-il des données statistiques sûres ?

Proposer l’Évangile sur la famille s’avère plus que jamais urgent et nécessaire. L’importance du thème se manifeste par le fait que le Saint-Père ait décidé d’établir pour le Synode des Évêques un itinéraire de travail en deux étapes: la première, l’Assemblée Générale Extraordinaire de 2014, visant à préciser le “status quaestionis” et à recueillir les témoignages et les propositions des Évêques pour annoncer et vivre de manière crédible l’Évangile de la famille ; la seconde, l’Assemblée Générale Ordinaire de 2015, pour chercher des lignes d’action pour la pastorale de la personne humaine et de la famille.

 Le concubinage est la pratique courante dans notre société actuelle. Parfois il est définitif (avec ou sans Pacs) et semble en progression. Le pourcentage doit en être connu de l'Insee. Parfois il est temporaire mais de durée variable pour plus de 95% des couples avant mariage civil et religieux.

c) Les séparés et les divorcés remariés sont-ils une réalité pastorale importante dans votre Église particulière ?

À quel pourcentage pourrait-on l’estimer numériquement ? Comment affronter cette réalité au moyen de programmes pastoraux adaptés ?

d) Dans tous ces cas, comment les baptisés vivent-ils leur situation irrégulière ? Ils en sont conscients ? Manifestent-ils simplement de l’indifférence ? Se sentent-ils écartés et vivent-ils avec souffrance l’impossibilité de recevoir les sacrements ?

e) Quelles sont les demandes que les personnes divorcées et remariées adressent à l’Église à propos des sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation ? Parmi les personnes qui se trouvent dans ces situations, combien demandent ces sacrements ?


Les divorces, fréquents après mariage civil (47% des cas)  sont aussi une réalité importante après mariage religieux (plus de 35 à 40%), suivis de remariage dans 2/3 des cas.

Notre groupe relève que ce n'est pas le Christ qui a institué le mariage mais l'Eglise (IXème siècle). Pourquoi stigmatiser des situations par une « pastorale particulière » ? L'Eglise   devrait,   non   « catégoriser»   mais   accueillir   des   personnes   dans   leur singularité. La vocation de l'Eglise est « universelle ». Les personnes connaissant ou ayant connu des difficultés ne sont-elles pas avant tout des hommes et des femmes « en chemin » comme chacune et chacun ? Pour celles (les plus rares) qui persistent dans une pratique religieuse, la plupart ressentent non seulement une souffrance mais aussi et surtout une incompréhension des « règlements de l'Eglise » (refus de sacrements), sentiment partagé par bien des croyants et incroyants de leurs entourages. 

f) La simplification de la pratique canonique pour la reconnaissance de la déclaration de nullité du lien matrimonial pourrait-elle offrir une réelle contribution positive à la solution des problèmes des personnes concernées? Si oui, sous quelles formes?

g) Existe-t-il une pastorale spécifique pour traiter ces cas ? Comment cette activité pastorale se déroule-t-elle ? Existent-ils des programmes à ce propos au niveau diocésain et national ? Comment la miséricorde de Dieu est-elle annoncée aux personnes séparées et aux divorcés remariés ; comment le soutien de l’Église dans leur cheminement de foi est-il mis en acte ? 

Les reconnaissances en nullité de mariage nous semblent un comble d’hypocrisie dans bien des cas !

Une « simplification canonique » ne résoudra rien, tant pour le couple que pour les enfants et l'entourage. Pourquoi déclarer invalide un mariage qui a existé (même dans sa dimension spirituelle) au risque de blesser les personnes (époux et enfants) ? Ce qui est à annuler c’est la sacramentalité   ;  comment pourrait-on « annuler » la vie de ce couple en ses premières années ? Qu’on dise que le mariage n’était pas sacramentel  OUI  ! qu’on dise que ce qui s’est vécu, c’était  « nul »   NON !

Jésus a accueilli tout le monde. Pourquoi une pastorale particulière et stigmatisante ? L’Eglise déploie une grande énergie à tenter de résoudre les problèmes qu’elle a créés elle-même   :   sacralisation   rapide   des   mariages   religieux   et   refus   obstiné   de réconciliations. Lorsqu'on parle de miséricorde il faut se souvenir que la miséricorde de Dieu passe  par  la  bonté  des personnes   (et  donc de  nous tous,  membres de l'Eglise).

L’Eglise orthodoxe a  une pratique différente de la nôtre. Nous aurions probablement à entendre ce qu’elle peut nous dire à ce sujet.

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5. Sur les unions de personnes du même sexe
a : Existe-t-il dans votre pays une loi civile qui reconnaisse aux unions de personnes du même sexe une quelconque équivalence au mariage ?

Une loi a été votée en France sur le mariage civil 

b : Quel est le comportement des Églises particulières et locales tant envers l’État promoteur d’unions civiles entre personnes du même sexe, qu’envers les personnes impliquées dans ce type d’union ?

L'Eglise (cf. articles du catéchisme) est opposée à l'union homosexuelle. Elle dit que Dieu réprouve l'homosexualité mais Dieu n'est-il pas trop souvent le « refuge de l'ignorance »? Toutefois des baptisés, prêtres et laïcs,  accueillent positivement les personnes et les couples homosexuels.

c : Quel est le comportement des Églises particulières et locales tant envers l’État promoteur d’unions civiles entre personnes du même sexe, qu’envers les personnes impliquées dans ce type d’union ?

Ne pourrait-on envisager un accueil et une bénédiction qui soit leur adaptée ? 

d : En cas d’unions entre personnes du même sexe qui aient adopté des enfants quel comportement pastoral tenir en vue de la transmission de la foi ?

Cette question nous a paru « inadmissible ». Les enfants doivent être accueillis

(catéchèse et sacrements) sans  stigmatisation, quelle que soit leur situation familiale. 

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7. Sur l’ouverture des époux à la vie. 

Il conviendrait de parler, non pas de paternité, mais de parentalité responsable…

La  doctrine  morale  de  Humanae  Vitae    n’est  pas  acceptée  par  la  plupart  des chrétiens, y compris pratiquants ; beaucoup ont quitté l’Eglise à cause d’elle. Les plus jeunes ne la connaissent pas ! 

Il nous semble que l’Eglise doive prôner la qualité de l’amour entre deux êtres et appeler à un idéal de vie, et non pas faire une évaluation morale des méthodes de régulation des naissances.

Chaque couple est un cas particulier et doit en conscience adopter celle qui convient le mieux  pour l’accomplissement de sa relation.

Les modes de vie contemporains rendent difficiles l’observance des méthodes dites naturelles et l’éducation civile ne les retient pas comme fiables.

Il   faut   promouvoir   une   mentalité   ouverte   envers   la   natalité   sans   favoriser systématiquement la croissance des naissances, du moins au niveau mondial. 

Des chrétiens s’éloignent de l’Eglise à cause de sa position sur l’assistance médicale à la  procréation,  pour  d’autres  qui  recourent  à  ces  méthodes  c’est  un  surcroît d’angoisse et de souffrance.

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8. Sur le rapport entre la famille et la personne

c)      Quelles situations critiques de la famille dans le monde d’aujourd’hui peuvent-elles devenir un obstacle à la rencontre de la personne avec le Christ ?

Il y a des paroles de l’Eglise  sur des situations familiales qui sont insupportables : par ex, la condamnation, encore aujourd’hui, de  la contraception.  Le sensus fidei n’a pas été respecté sur cette question. Beaucoup de déclarations de l’Eglise sur la sexualité sont irrecevables par les familles.

La condamnation des homosexuels par des responsables d’Eglise éloigne du Christ les familles dans lesquelles ils vivent.

Les discours  intransigeants ne tiennent pas compte de la personne dans sa situation et l’éloignent souvent du Christ et de l’Eglise, au lieu d’annoncer la miséricorde. La maladie et la mort sont des situations qui peuvent entraîner des réactions de révolte, situations auxquelles les communautés ecclésiales doivent être particulièrement attentives.

Les familles qui  ont un enfant handicapé peuvent, du fait de cette souffrance, s’éloigner du Christ.

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9. Autres défis et propositions

La célébration des obsèques est un lieu et un moment privilégiés pour accueillir la diversité des situations familiales avec leurs ratés et leurs échecs et pour y dire l’amour de Dieu ;

Des réalités qui se posent aux familles ne sont pas évoquées par ce questionnaire (par ex les familles recomposées, les familles monoparentales...)

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le 9 janvier 2014

mis en ligne le 7 février 2014, par Jean Derouault