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jeudi 6 février 2020
jeudi 6 juin 2019
Synthèse des quatre rencontres sur le cléricalisme
Dans la suite de notre synode
diocésain et en réponse à la lettre du pape François (août 2018) aux
catholiques du monde, nous avons débattu, dans l’esprit de dialogue et de liberté de
notre groupe, des excès du
cléricalisme (considéré comme terreau favorisant les abus actuels).
A
cette occasion, nous avions souhaité aller vers les « périphéries »,
c’est à dire parfois en des lieux « profanes » (salle d’un cinéma art
et essai ou d’une brasserie) pour débattre avec le plus grand nombre de ces
questions qui ne concernent pas uniquement les croyants pratiquants.
Synthèse des réunions
Propositions pour réparer l’Église :
Les constatations des défauts
dans l’organisation de la vie en Église ont été nombreuses (voir
ci-après) ; elles nous ont suggéré, avec un large assentiment des
participants, des propositions concrètes pouvant contribuer à y remédier. Nous
souhaitons les mettre en avant pour manifester notre confiance dans notre Église et notre espoir.
- Promotion de lieux où la parole puisse circuler entre tous.
- Clarification dans l’Église des notions de service, pouvoir et d’autorité.
- Délivrance plus systématique de lettres de mission (pour clercs et laïcs).
- Davantage d’ouverture sur le monde pour les séminaristes en formation.
- Obligation de consultation d’assemblées « paroissiales » dans chaque secteur et participation de ces assemblées lors de la nomination d’un prêtre.
- Assemblées dominicales avec partages (parole, prière, communion), même en l’absence de prêtre, pour que la communauté puisse se réunir et continuer à vivre.
- Bénédictions réciproques (entre prêtres et laïcs).
- Le droit canon devrait être ajusté aux réalités sociétales.
- Promotion de lieux où la parole puisse circuler entre tous.
- Clarification dans l’Église des notions de service, pouvoir et d’autorité.
- Délivrance plus systématique de lettres de mission (pour clercs et laïcs).
- Davantage d’ouverture sur le monde pour les séminaristes en formation.
- Obligation de consultation d’assemblées « paroissiales » dans chaque secteur et participation de ces assemblées lors de la nomination d’un prêtre.
- Assemblées dominicales avec partages (parole, prière, communion), même en l’absence de prêtre, pour que la communauté puisse se réunir et continuer à vivre.
- Bénédictions réciproques (entre prêtres et laïcs).
- Le droit canon devrait être ajusté aux réalités sociétales.
Liste (non exhaustive !) des défauts constatés
Lors d’une première réflexion
relative à l’égalité de tous devant le baptême (tous prêtres, prophètes et
rois), nous avons estimé que le travail de cette appropriation de l’égalité
n’est pas assez souvent mis en œuvre, en fonction des dons de chacun.
L’affirmation encore prégnante « Hors de l’Église, point de salut »
nous paraît déraisonnable et d’ailleurs des personnes non baptisées peuvent
bénéficier d’obsèques religieuses.
Nous
avons ensuite échangé sur le manque de lieux de débats dans l’Église ; les
positions divergentes sont difficilement écoutées, le risque habituel étant
d’être qu’elles soient très mal perçues par des clercs, et même certains
laïcs, qui ont peur d’une prise de pouvoir par les laïcs.
Quant
à la place respective des clercs et des laïcs, les prêtres et les séminaristes
sont souvent considérés comme des surhommes, des « hommes de Dieu ».
Les laïcs leur attribuent un pouvoir démesuré. La place
des diacres n’est, quant à elle, pas suffisamment définie.
L’institution Église est perçue comme un monde fermé, un
« bocal » a-t-il été dit,
dans lequel les fonctions, les façons de penser le pouvoir, la transmission des
idées ne peuvent évoluer que très lentement, avec un décalage croissant par
rapport au monde contemporain.
La 4ème rencontre portant plus
spécifiquement sur le rôle des femmes dans l’Église, a fait apparaître quatre
points principaux
- L’Église
aggrave le clivage homme/femme présent dans la société au lieu de faire rupture
et de le réduire. Dans l’Église, la femme est réduite à sa fonction sexuée
traditionnelle. La peur de la femme de la part des clercs est entretenue par
l'absence de contacts réguliers et simples entre hommes du clergé et femmes
laïques lors de la formation des prêtres et dans l'exercice de leurs
ministères.
- La
différence entre commentaire d'évangile (accessible aux laïcs) et homélie
(réservée aux prêtres) peut être frustrante mais concerne plutôt le clivage
entre clercs et laïcs que celui entre hommes et femmes. Cette différence n'a
pas lieu d'être et ne trouve pas de justification en dehors de la nécessaire
formation.
- Le droit
canon ne vient pas de Dieu. Comme tout droit, il a pour vocation la mise en
forme de l'existant pour en garantir les limites.
- A propos de
la dualité hommes-femmes , nous remarquons que l'évangile représente les
identités spirituelle et incarnée de l'être humain par les figures de Marthe et
Marie. Ce sont donc en 2 femmes que sont réunies ces dimensions et non par un
homme et une femme.
samedi 12 décembre 2015
"N'ayons pas peur"
Publication d'un triptyque sur l'accueil des migrants
Pourquoi ce document ? (Des indications pour se le procurer figurent à la fin de cet article.)
L'actualité du début de cet automne nous a incités , dans le groupe Dialogue et Liberté, à réfléchir sur les questions posées par l'arrivée en Europe et en France de nombreux migrants , qu'ils soient candidats au statut de réfugiés ou migrants économiques. Les attentats du 13 novembre nous ont surpris en pleine élaboration du document ci-dessous portant sur l'accueil des migrants en France et qui, malgré tout, conserve à nos yeux toute sa pertinence.
Ce document (les six pages en encadré), diffusé en divers points de Bordeaux et environs, peut susciter des interrogations.
Cet article propose des commentaires et des liens en complément du document proprement dit afin d'aider à comprendre notre démarche.
Cet article propose des commentaires et des liens en complément du document proprement dit afin d'aider à comprendre notre démarche.
Mais, à propos, qu'appelle-t-on un "immigré"
Selon la définition adoptée par le Haut Conseil à l'Intégration -en 1991- et reprise par l'I.N.S.E.E., un immigré est «une personne née étrangère à l'étranger et résidant en France».
Étant bien précisé qu'un immigré devenu Français par naturalisation n'est plus un étranger, mais continue d'appartenir à la population immigrée, avec les immigrés restés étrangers.
Et que les enfants nés en France d'immigrés et choisissant la nationalité française à leur majorité, ne sont pas des étrangers et ne font pas partie de la population immigrée
Étant bien précisé qu'un immigré devenu Français par naturalisation n'est plus un étranger, mais continue d'appartenir à la population immigrée, avec les immigrés restés étrangers.
Et que les enfants nés en France d'immigrés et choisissant la nationalité française à leur majorité, ne sont pas des étrangers et ne font pas partie de la population immigrée
voir aussi à ce propos le site de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM):
le glossaire complet étant disponible ICI
L'article d'entretien sur Migrant, réfugié: quelles différences? avec Catherine Wihtol de Wenden, politologue spécialiste de la migration, publié sur le site "CNRS-Le Journal" le 22 septembre 2015 apporte des précisions sur le droit de migrer.
DOCUMENT TRIPTYQUE DE «DIALOGUE ET LIBERTÉ»
volet 1
les flèches sur la carte ci-dessus évoquent le bilan de l'INSEE publié récemment
(années 2006 à 2013)
dans lequel il apparaît que, jusqu'aux évènements de ces deux dernières années ,les flux migratoires entrants et sortants tendent à s'équilibrer.
Nous y voyons
l'appel à la fraternité inscrit dans la déclaration universelle des droits de l'homme
et un appel à la raison;
En effet, les chiffres de l'I.N.S.E.E. apportent des éléments de réponse à la question:
«Combien d'immigrés en France?»
- En flux annuels d'immigrés:
Nb./An 2006 2013
Entrées 193.000 235.000
Sorties -29.000 -95.000
Soldes 164.000 140.000
- Des flux de cet ordre expliquent une population immigrée, au 01-01-2014, de 5,9 millions de personnes, représentant 8,9 % de la population totale résidant en France.
[Source: Étude INSEE «L’analyse des flux migratoires entre la France et l’étranger entre 2006 et 2013», parue dans "Insee Analyses" N° 22 - octobre 2015]
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volet 2
La France ,fière d'être qualifiée "terre d'asile" , prend-elle fidèlement sa part de la misère portée par les migrants?
Réponses mitigées selon ces études de l'OCDE
étude 2012 de l'OCDE sur des "indicateurs de l'intégration des immigrés" - fiche concernant la France
étude 2015 de l'OCDE et de la Commission de l'UE sur ces mêmes indicateurs - note quant à la France
étude 2015 de l'OCDE sur les "perspectives des migrations internationales" - note concernant la France (en 2013 et 2014)
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volet 3
l'immigration en France n'est pas un phénomène nouveau;
l'expérience passée a montré qu'elle peut être bénéfique pour notre pays
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volet 4
les religions du livre et l'accueil de l’Étranger
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volet 5
réflexions ou questionnements dans la vie de tous les jours
volet 6
comment joindre les associations et organismes cités
déplacer le curseur du bas de l'écran de gauche à droite pour lire toutes les informations
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lundi 9 mars 2015
Réponse de D/L à quelques points du questionnaire « SYNODE 2 » sur la famille
Le groupe bordelais Dialogue et Liberté a pris connaissance
des conclusions du Synode 1 sur la famille et du questionnaire
préparatoire au Synode 2.
Il y a réfléchi durant plusieurs semaines
de façon approfondie (travail en 4 sous-groupes, échanges fréquents par
internet , 2 réunions générales du groupe, de 2h chaque fois etc. …,).
Nous disons tout d’abord notre déception de ne voir donnée nulle part, ni depuis le
Vatican, ni depuis le diocèse , une
indication significative des réponses des catholiques aux questions posées lors
du synode 1 (pastorale, accompagnement, homosexualité, remariages après
divorces etc.)
Certes, les conclusions provenant
du Synode 1 comportent des idées et/ou des suggestions intéressantes mais le
plus souvent exprimées en termes quasiment « définitifs ».
Notre groupe, comme bien d’autres, a
l’impression qu’il est seulement demandé aux catholiques des suggestions pour
mettre en œuvre ce qui a DÉJÀ été décidé, sans remise en cause des affirmations
et des habitudes.
Or toute pastorale qui ne partira
pas des réalités contemporaines est vouée à l’échec.
Notre position « globale »
est en effet qu’on ne peut pas parler d’accompagnement lorsqu’on impose d’emblée
une vision canonique du mariage (préparation, sacrement, etc..).
Dieu est Amour, Dieu accompagne
tout Amour. C’est à partir de cette certitude que l’Église doit renouveler
tous ses efforts (Déclarations et pastorale)
Voici
ci-dessous les réflexions à propos des points qui nous ont particulièrement
interpellés
NB- le
texte complet des lineamenta du Synode I et des questions préparatoires au
Synode II peut être obtenu ici : télécharger le fichier PDF à partir du site du diocèse de Bordeaux
lineamenta n° 51 à 53 ; questions 37-38
Remariés après divorce : une situation d’exclus ?
La réflexion qui nous est proposée porte sur le travail du
magistère et non sur le vécu et l’attente des personnes, et des chrétiens
d’aujourd’hui.
Nous croyons à l’indissolubilité de l’amour de Dieu et à sa
miséricorde sans limite.
Ce point nous semble être la base de toute réflexion
pastorale. Quand on parle d’amour ou de désamour, on ne parle pas de règles
juridiques.
Est-ce que le sacrement touche à la question du droit et du
pouvoir, ou à la question de la foi, de l’Évangile et du lien ?
Une doctrine
vraie peut être en contradiction avec les pratiques dominantes mais elle ne
peut nier la réalité des personnes.
Sinon elle est inaudible, et s’expose
à être rejetée par ceux à qui elle est destinée.
lineamenta n° 57-59 ; questions n° 41-44
Et l’interdiction de la pilule ? :
Les laïcs ont choisi de passer outre !
La qualité de
l'amour entre époux est plus importante que la méthode de régulation des
naissances choisie. C'est le but qui compte et non le moyen, en vue d'une
pater-maternité responsable et harmonieuse.
Comment
peut-on imaginer une injonction de Dieu ou de Jésus à choisir entre une
bandelette pour analyse de la glaire cervicale et la prise d’un
contraceptif ?
Sans compter
que les méthodes dites naturelles ne sont pas validées par la quasi totalité
des scientifiques car elles ne sont ni pratiques, ni facilement applicables.
Questions
41-44
Il est scandaleux de lier générosité et nombre d’enfants !
Avant d’alerter
sur le risque futur de dénatalité, il faut prendre en compte aujourd’hui le
surpeuplement de certaines contrées pauvres.
La régulation des naissances doit être encouragée vigoureusement dans
l’intérêt des parents et des enfants, donc du bonheur familial.
Question
n° 44
Aucune femme n’avorte de gaîté de cœur !
Aucune femme n’avorte de gaîté de cœur !
Parler de
plaie est stigmatisant pour les hommes et les femmes qui décident d’un avortement.
Dans certaines situations, l'avortement apparaît comme la solution la moins mauvaise, même si elle est toujours regrettable.
Dans certaines situations, l'avortement apparaît comme la solution la moins mauvaise, même si elle est toujours regrettable.
Lineamena
n° 36 & 39, questions 28 & 29
De
la préparation au mariage : le § 39 du lineamenta : un risque
d'embrigadement ?
Qu’on le regrette ou non, nos contemporains ne se retrouvent
pas dans une préparation au mariage posée du seul du point de vue de la norme
ou de l’idéal. Leur vie de foi se développe non à partir de l’exposition des dogmes mais à partir de rencontres
humaines avec des chrétiens témoignant de ce que l’Évangile vient éclairer. Les
futurs époux ont toute leur vie pour découvrir toutes les dimensions du mariage
chrétien. Il n’est donc pas nécessaire de leur asséner toute la réflexion de
l’Eglise quand ils se présentent à elle.
D’ailleurs -
et c’est une chance - les équipes de préparation au mariage savent proposer un
cheminement qui peut ouvrir sur la rencontre du Christ.
questions
45 & 46
Osons
l’ouverture : diffusons les bonnes pratiques
Il existe
déjà différentes pratiques :
- catéchèse
pour tous
- matinées communes enfants et parents ensemble- (ex. pratiques du secteur pastoral Bruges Le Bouscat Diocèse de Bordeaux)
- matinées communes enfants et parents ensemble- (ex. pratiques du secteur pastoral Bruges Le Bouscat Diocèse de Bordeaux)
-
première annonce de la foi proposition du B’Abba par le diocèse de
Poitiers et repris ailleurs)
- Une diffusion
de ces pratiques pourrait permettre aux
équipes d’évangélisation d’avoir des moyens pour adapter les meilleures
réponses possibles aux demandes des personnes
mise en ligne par J.Derouault
vendredi 30 janvier 2015
Lettre adressée à Monsieur Tareq Oubrou, recteur de la grande mosquée de Bordeaux
Monsieur
Tareq Oubrou
Monsieur
le recteur,
Après l’attentat et la prise d’otages contre
la liberté d’expression et la prise d’otages raciste contre des français de
confession juive, nous tenons à vous faire part de notre refus de l’amalgame.
Nous savons que la majorité des français musulmans refuse la violence et
souhaite participer activement à la construction de la démocratie dans notre
pays. Les auteurs des tueries que nous venons de subir ne représentent pas
l’Islam.
Comme
vous, nous avons exprimé notre
colère et notre dégoût. Nous, catholiques de Gironde réunis dans le groupe
Dialogue et Liberté, voulons vous dire que nous sommes à vos côtés, comme nous sommes aux côtés du Cardinal J.P.
Ricard, pour refuser ce qui divise et oppose les citoyens en jouant sur des
peurs irrationnelles et des représentations erronées des religions.
Nous sommes attachés à la laïcité qui garantit
dans notre pays la liberté religieuse. Nous défendons le droit à l’humour même
quand il nous dérange ! car
l’humour ne tue pas ! Nous souhaitons
que les français de confession musulmane, grâce au principe de laïcité,
trouvent leur juste place dans notre
pays, comme les communautés juives et chrétiennes.
Nous
connaissons et soutenons les efforts du délégué diocésain pour
la rencontre avec l’islam.
Dans ce travail le groupe Dialogue et Liberté,
vous souhaite autant de détermination
que de réussite.
Le groupe Dialogue et
Liberté,
mercredi 21 janvier 2015
Application de la loi Leonetti : état actuel et évolution souhaitable
Membres du groupe Dialogue et Liberté nous avons réfléchi, lu, visionné des enquêtes, entendu des témoignages, échangé entre nous au cours de plusieurs réunions, à propos de la Loi Leonetti et de ses éventuelles modifications à venir. Quatre points ont particulièrement retenu notre attention.
L'adéquation de la loi :
Unanimement, nous déclarons que la Loi actuelle nous convient globalement.
Nous apprécions avant tout que le but de la loi soit d’éviter tout acharnement thérapeutique en fin de vie et donc d’éviter des souffrances inutiles.
Les autres éléments positifs sont, d’une part le respect de la volonté du malade (et/ou de ses directives anticipées), d'autre part le dialogue avec l’entourage (et/ou la personne de confiance) , et enfin la concertation collégiale des soignants avant la décision qui doit rester médicale.
Le but des soins palliatifs étant de soulager le malade et d’éviter la douleur, une sédation profonde est parfois nécessaire, sans que, pour autant, elle soit qualifiable de terminale, étant donné qu’elle pourrait être modifiable (donc réversible) en cas d’amélioration du sujet.
De telles situations sont à apprécier « au cas par cas » et ne pourront pas dépendre de textes législatifs nouveaux.
Ainsi nous souhaitons que le traitement sédatif corresponde aux soins nécessaires même s’il a pour conséquence secondaire un risque de réduction du temps de vie, mais nous sommes opposés au qualificatif de terminale relatif à la sédation et à plus forte raison à celui de « suicide assisté ».
La place de la mort dans la société contemporaine
Nos échanges sur nos expériences personnelles et les cas relatés par les media montrent cependant que cette loi est insuffisamment appliquée, en grande partie à cause de la méconnaissance que beaucoup en ont. L'une des causes de cette méconnaissance semble être que la société actuelle refuse de donner sa place à la mort.
La mort est une composante inéluctable de la vie. Il est regrettable que la société contemporaine occidentale occulte cette réalité : on la cache , on considère que c'est un échec.
On constate que l'on ne se préoccupe de la mort que lorsqu'on est concerné soi-même ou par un proche.
Pourtant, se préparer, notamment en rédigeant des directives anticipées et en désignant une personne de confiance, pourrait contribuer à vivre son approche de façon plus sereine en maintenant une bonne qualité relationnelle avec l'entourage et le personnel soignant.
La Loi Léonetti en tant que Chrétiens.
La position de L’Église :
-Pas d’acharnement thérapeutique, mais soulager les souffrances quitte à diminuer la longueur de vie.
-Le Christ a eu sa mort imposée. Il en a fait un don. Il ne savait pas, il s’en remet à son Père.
-Par le Christ nous savons ; les apôtres ont vu le Christ mort et trois jours après il s’est manifesté vivant au milieu d’eux.
Pour nous mêmes:
Quand nous arriverons à cette expérience finale, où l’on ne peut parfois que penser et prier, que le soulagement apporté par des soins palliatifs appliqués selon la philosophie de la loi Leonetti, nous permette une fin moins angoissée et plus sereine.
Des pistes d'action concernant le projet de réforme de la loi Leonetti
Quelques fondements
Pendant la fin de vie -prématurité, néo-natalité, accident, maladie, vieillesse-... le mourant est toujours un vivant!
L'importance de la parole est primordiale.
Ce qui compte, c'est la personne, c'est à dire un être relationnel - avec les autres et, pour les croyants, avec Dieu-.
Écouter, accompagner, soulager, c'est reconnaître et promouvoir la dignité de la personne. Tandis que s'engager sur la voie de mort, pour motif de compassion, ne laisse plus de place pour l'écoute, ni l'évolution de la personne.
Ce qui est très important, c'est tout ce qui se passe avant la phase terminale : la fin de vie, la préparation à la mort, et donc l'accompagnement. Par les proches et par les personnels de santé.
Ne faudrait-il pas que les médecins, à commencer par le médecin traitant, abordent les questions de la fin de vie directement, et non pas en sous-entendu dans des situations graves, même si tout se finit bien?
Des propositions:
L'accompagnement par la parole et l'écoute nécessite une formation qui devrait être dispensée davantage auprès des étudiants en médecine, auprès des personnels soignants et auxiliaires des services hospitaliers, des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), des maisons de retraites, mais aussi facilitée pour toute personne volontaire qui le souhaiterait.
Il conviendrait que les instances publiques, représentatives et associatives fassent davantage connaître la législation sur la fin de vie, et les pratiques d'accompagnement: une loi ne s'applique bien que si elle est connue de tous.
Et que chacun à son niveau, citoyens ou institutions, développe «la culture palliative», en veillant à l'augmentation de l'offre des diverses formes de soins palliatifs, autant si ce n'est plus que celle du nombre de lits hospitaliers en soins palliatifs.
La fin de vie mérite que lui soit consacré du temps, de l'attention, du respect ...et de l'argent!
Sur ce dernier aspect, il semblerait souhaitable de bien approfondir la réflexion, et d'aller jusqu'à mettre à plat dans le débat public la question du coût des soins en fin de vie, pour les malades et/ou leur famille et pour la société.
Nous ne devons pas être indifférents à ces dépenses de la collectivité, car la poursuite de traitements inutiles a de fait un coût qui peut aller à l’encontre de soins à d’autres populations très démunies. Toutefois la notion d’économies ne doit pas être un prétexte à instituer «un droit à l'euthanasie», au risque de dérives vers «un droit -voire un devoir?- d'«euthanasier»!
Quant aux directives anticipées et la désignation de personne de confiance, ne pourrait-on envisager de fortement y inciter -ou d'y obliger?- toute personne entrant en institution ou à l'hôpital à partir d'un certain âge ou pour une maladie ou un état particulièrement grave?
Des points d'attention et de vigilance
Trop -ou même davantage- légiférer n'empêchera jamais l'existence de zones de non-droit!
Une loi fournit un cadre mais ne dispense pas de choix difficiles au cas par cas: elle ne peut pas fournir de solution automatique.
Une loi trop détaillée n'est jamais souhaitable car des «règles automatiques» ne peuvent pas permettre dans les cas spécifiques -inévitables- une souplesse d'adaptation par les personnes concernées ni éventuellement une interprétation en l'espèce par le Juge.
Á l'encontre d'un médecin ou d'un proche qui pratique en son âme et conscience un geste létal sur un malade en fin de vie dont les souffrances ne peuvent être apaisées, l'acharnement judiciaire «au nom de La Justice» n'est pas souhaitable (pas plus que l'acharnement thérapeutique «au nom de La Vie»),
mais ...il pourrait être dangereux de faire de ces pratiques un «droit»...
mise en ligne le 31 janvier 2015 par J. Derouault
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