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jeudi 6 juin 2019

Synthèse des quatre rencontres sur le cléricalisme


Dans la suite de notre synode diocésain et en réponse à la lettre du pape François (août 2018) aux catholiques du monde, nous avons débattu, dans l’esprit de dialogue et de liberté de notre groupe, des excès du cléricalisme (considéré comme terreau favorisant les abus actuels).
            A cette occasion, nous avions souhaité aller vers les « périphéries », c’est à dire parfois en des lieux « profanes » (salle d’un cinéma art et essai ou d’une brasserie) pour débattre avec le plus grand nombre de ces questions qui ne concernent pas uniquement les croyants pratiquants.

Synthèse des réunions

Propositions pour réparer l’Église :

Les constatations des défauts dans l’organisation de la vie en Église ont été nombreuses (voir ci-après) ; elles nous ont suggéré, avec un large assentiment des participants, des propositions concrètes pouvant contribuer à y remédier. Nous souhaitons les mettre en avant pour manifester notre confiance dans notre Église et notre espoir.
-      Promotion de lieux où la parole puisse circuler entre tous.
-     Clarification dans l’Église des notions de service, pouvoir et d’autorité.
-     Délivrance plus systématique de lettres de mission (pour clercs et laïcs).
-    Davantage d’ouverture sur le monde pour les séminaristes en formation.
-    Obligation de consultation d’assemblées « paroissiales » dans chaque secteur et participation de ces assemblées lors de la nomination d’un prêtre.
-   Assemblées dominicales avec partages (parole, prière, communion), même en l’absence de prêtre, pour que la communauté puisse se réunir et continuer à vivre.
-    Bénédictions réciproques (entre prêtres et laïcs).
-    Le droit canon devrait être ajusté aux réalités sociétales.

Liste (non exhaustive !) des défauts constatés


Lors d’une première réflexion relative à l’égalité de tous devant le baptême (tous prêtres, prophètes et rois), nous avons estimé que le travail de cette appropriation de l’égalité n’est pas assez souvent mis en œuvre, en fonction des dons de chacun. L’affirmation encore prégnante « Hors de l’Église, point de salut » nous paraît déraisonnable et d’ailleurs des personnes non baptisées peuvent bénéficier d’obsèques religieuses.
            Nous avons ensuite échangé sur le manque de lieux de débats dans l’Église ; les positions divergentes sont difficilement écoutées, le risque habituel étant d’être qu’elles soient très mal perçues par des clercs, et même certains laïcs, qui ont peur d’une prise de pouvoir par les laïcs.
            Quant à la place respective des clercs et des laïcs, les prêtres et les séminaristes sont souvent considérés comme des surhommes, des « hommes de Dieu ». Les laïcs leur attribuent un pouvoir démesuré. La place des diacres n’est, quant à elle, pas suffisamment définie.

            L’institution Église est perçue comme un monde fermé, un « bocal » a-t-il été dit, dans lequel les fonctions, les façons de penser le pouvoir, la transmission des idées ne peuvent évoluer que très lentement, avec un décalage croissant par rapport au monde contemporain.

La 4ème rencontre portant plus spécifiquement sur le rôle des femmes dans l’Église, a fait apparaître quatre points principaux

- L’Église aggrave le clivage homme/femme présent dans la société au lieu de faire rupture et de le réduire. Dans l’Église, la femme est réduite à sa fonction sexuée traditionnelle. La peur de la femme de la part des clercs est entretenue par l'absence de contacts réguliers et simples entre hommes du clergé et femmes laïques lors de la formation des prêtres et dans l'exercice de leurs ministères.

- La différence entre commentaire d'évangile (accessible aux laïcs) et homélie (réservée aux prêtres) peut être frustrante mais concerne plutôt le clivage entre clercs et laïcs que celui entre hommes et femmes. Cette différence n'a pas lieu d'être et ne trouve pas de justification en dehors de la nécessaire formation.

- Le droit canon ne vient pas de Dieu. Comme tout droit, il a pour vocation la mise en forme de l'existant pour en garantir les limites.

- A propos de la dualité hommes-femmes , nous remarquons que l'évangile représente les identités spirituelle et incarnée de l'être humain par les figures de Marthe et Marie. Ce sont donc en 2 femmes que sont réunies ces dimensions et non par un homme et une femme.

vendredi 21 décembre 2018

2019 : cycle de quatre rencontres sur le thème "sortir du cléricalisme"

La lettre au peuple de Dieu que le pape François a publiée au mois d'août dernier nous a fortement interpellés lors de nos premières rencontres à la rentrée.
Le dossier publié dans le journal La Croix "dix pistes pour sortir du cléricalisme " nous semble un bon support pour réfléchir à notre niveau sur ces questions qui nous concernent tous , clercs et laïcs , hommes et femmes.
C'est pourquoi nous avons décidé d'organiser quatre rencontres pendant le 1er semestre 2019 et d'y convier tous ceux  et celles qui souhaiteront venir enrichir notre débat.
Pour cela , nous diffusons largement la lettre d'invitation ci-dessous : 

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Objet : Invitation à venir débattre sur le cléricalisme
(+ d’info : écrire à : « Dialogue et Liberté » (dl33@laposte.net)

Bonjour,

Le groupe « Dialogue et Liberté » composé de baptisés catholiques, se donne pour but d'échanger sur les questions de société, à la lumière de la Foi et en communion avec L’Église.
Notre expérience d'une dizaine d'années nous a permis d'apprécier la richesse d'un dialogue libre et respectueux de nos différences ;


La récente « lettre du pape au peuple de Dieu »  nous interpelle fortement et nous engage à agir à notre échelle ;

Aussi prendrons-nous cette année comme fil conducteur de nos rencontres, le document paru dans La Croix (29/08/2018) : "dix pistes pour sortir du cléricalisme" ;

Pour 2019, nous sortons de nos lieux habituels de réunion pour échanger avec d’autres dans l'esprit du synode diocésain.
Nous serions heureux de vous rencontrer lors de l’une de ces réunions voire de plusieurs !
Elles se tiendront de 20 h 30 à 22 h

10 janvier 2019 :
lieu : salles paroissiales Saint Nicolas, rue Saint Nicolas, Bordeaux, tram B (arrêt St Nicolas)
Thème : L'égalité de tous devant le baptême (cf La Croix piste 3)

7 février 2019 :
lieu :cinéma l’Utopia, place Camille Jullian, Bordeaux, tram A (arrêt Place du Palais ou Sainte Catherine)
Thème : Utiliser sa liberté de parole  (cf  La Croix piste 5 )

7 mars 2019 :
lieu : Maison Beaulieu, rue de Saint Genès, Bordeaux, tram B (arrêt Bergonié ou Barrière Saint Genès)
Thème : Mettre prêtres et laïcs à leur juste place (cf La Croix piste 1 et piste 2 )

7 mai 2019 : (et non le premier comme précédemment annoncé)
lieu :Bistrot Niel, 7 avenue Abadie, Bordeaux-Bastide, tram A (arrêt Jardin botanique)
Thème : La place des femmes dans l’Église (cf La Croix piste 9 et piste 10 )

Pour adresser une question, avoir un complément d’information…
envoyer un courriel à « dialogue et liberté » ( dl33@laposte.net )

Dans l’attente du plaisir de vous retrouver, nous vous souhaitons de belles fêtes de Noël et de fin
d’année.
Dialogue et Liberté

lundi 9 mars 2015

Réponse de D/L à quelques points du questionnaire « SYNODE 2 » sur la famille


Le groupe bordelais  Dialogue et Liberté  a pris connaissance des conclusions du Synode 1 sur la famille et du questionnaire préparatoire  au Synode 2.
Il y a réfléchi durant plusieurs semaines de façon approfondie (travail en 4 sous-groupes, échanges fréquents par internet , 2 réunions générales du groupe, de 2h chaque fois etc. …,).
Nous disons tout d’abord notre déception de ne voir donnée nulle part, ni depuis le Vatican, ni depuis le diocèse ,  une indication significative des réponses des catholiques aux questions posées lors du synode 1 (pastorale, accompagnement, homosexualité, remariages après divorces etc.)
            Certes, les conclusions provenant du Synode 1 comportent des idées et/ou des suggestions intéressantes mais le plus souvent exprimées en termes quasiment « définitifs ».


            Notre groupe, comme bien d’autres, a l’impression qu’il est seulement demandé aux catholiques des suggestions pour mettre en œuvre ce qui a DÉJÀ été décidé, sans remise en cause des affirmations et des habitudes.
            Or toute pastorale qui ne partira pas des réalités contemporaines est vouée à l’échec.
            Notre position « globale » est en effet qu’on ne peut pas parler d’accompagnement lorsqu’on impose d’emblée une vision canonique du mariage (préparation, sacrement, etc..).
            Dieu est Amour, Dieu accompagne tout Amour. C’est à partir de cette certitude que l’Église doit renouveler tous ses efforts (Déclarations et pastorale)
Voici ci-dessous les réflexions à propos des points qui nous ont particulièrement interpellés

NB- le texte complet des lineamenta du Synode I et des questions préparatoires au Synode II peut être obtenu ici : télécharger le fichier PDF     à partir du site du diocèse de Bordeaux

lineamenta n° 51 à 53 ; questions 37-38

Remariés après divorce : une situation d’exclus ?

La réflexion qui nous est proposée porte sur le travail du magistère et non sur le vécu et l’attente des personnes, et des chrétiens d’aujourd’hui.
Nous croyons à l’indissolubilité de l’amour de Dieu et à sa miséricorde sans limite.
Ce point nous semble être la base de toute réflexion pastorale. Quand on parle d’amour ou de désamour, on ne parle pas de règles juridiques.
Est-ce que le sacrement touche à la question du droit et du pouvoir, ou à la question de la foi, de l’Évangile et du lien ?
Une doctrine vraie peut être en contradiction avec les pratiques dominantes mais elle ne peut nier la réalité des personnes.  Sinon elle est inaudible, et s’expose   à être rejetée par ceux à qui elle est destinée.

lineamenta n° 57-59 ; questions n° 41-44

Et l’interdiction de la pilule ?  :          Les laïcs ont choisi de passer outre !

La qualité de l'amour entre époux est plus importante que la méthode de régulation des naissances choisie. C'est le but qui compte et non le moyen, en vue d'une pater-maternité responsable et harmonieuse.
Comment peut-on imaginer une injonction de Dieu ou de Jésus à choisir entre une bandelette pour analyse de la glaire cervicale et la prise d’un contraceptif ?
Sans compter que les méthodes dites naturelles ne sont pas validées par la quasi totalité des scientifiques car elles ne sont ni pratiques, ni facilement applicables.

Questions 41-44

Il est scandaleux de lier générosité et nombre d’enfants !

Avant d’alerter sur le risque futur de dénatalité, il faut prendre en compte aujourd’hui le surpeuplement de certaines contrées pauvres.  La régulation des naissances doit être encouragée vigoureusement dans l’intérêt des parents et des enfants, donc du bonheur familial.

Question n° 44 

Aucune femme n’avorte de gaîté de cœur !

Parler de plaie est stigmatisant pour les hommes et les femmes qui décident  d’un avortement.
Dans certaines situations, l'avortement apparaît comme la solution la moins mauvaise, même si elle est toujours regrettable.


Lineamena n° 36 & 39, questions 28 & 29

De la préparation au mariage : le § 39 du lineamenta : un risque d'embrigadement ?

Qu’on le regrette ou non, nos contemporains ne se retrouvent pas dans une préparation au mariage posée du seul du point de vue de la norme ou de l’idéal. Leur vie de foi se développe non  à partir de l’exposition des dogmes mais à partir de rencontres humaines avec des chrétiens témoignant de ce que l’Évangile vient éclairer. Les futurs époux ont toute leur vie pour découvrir toutes les dimensions du mariage chrétien. Il n’est donc pas nécessaire de leur asséner toute la réflexion de l’Eglise quand ils se présentent à elle.
D’ailleurs - et c’est une chance - les équipes de préparation au mariage savent proposer un cheminement qui peut ouvrir sur la rencontre du Christ.

questions 45 & 46

Osons l’ouverture : diffusons les bonnes pratiques

Il existe déjà différentes pratiques :
- catéchèse pour tous
- matinées communes enfants et parents ensemble- (ex. pratiques du secteur pastoral Bruges Le Bouscat Diocèse de Bordeaux)
- première  annonce de la foi  proposition du B’Abba par le diocèse de Poitiers et repris ailleurs)
- Une diffusion de ces pratiques pourrait permettre aux  équipes d’évangélisation d’avoir des moyens pour adapter les meilleures réponses possibles aux demandes des personnes

mise en ligne par J.Derouault

vendredi 7 février 2014

Questionnaire sur la famille pour préparer le Synode sur la famille mis en chantier par le pape François

 Notre groupe Dialogue et Liberté a trouvé très intéressante la proposition de l'évêché de réfléchir sur le questionnaire posé à propos de l'enquête lancée par le pape François en vue de la préparation du synode sur la famille qui doit se tenir à l'automne 2014. Il a travaillé  courant décembre 2013 en sous-groupes, puis s’est réuni en janvier 2014, en réunion plénière, pour apporter sa contribution au questionnaire préparatoire du synode sur la famille.
Cependant, le temps imparti pour formuler les réponses était bref et le nombre de nos rencontres limité, nous avons sélectionné quelques questions assez proches des thèmes que nous avions déjà abordés et avons rédigé une synthèse pour chacune des questions retenues de façon collégiale selon notre habitude.

Si vous souhaitez consulter l'intégralité du questionnaire, vous pouvez visiter ce lien

Voici ci-dessous nos réponses aux questions que nous avons retenues, telles que nous les avons adressées au service de la pastorale familiale du diocèse de Bordeaux. 

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NB : Les questions que nous avons sélectionnées  sont reproduites ci-dessous en couleur brune, et nos réponses sont présentées en vert .

 En avant-propos, le groupe ‘Dialogue et Liberté’ est heureux de pouvoir   répondre à un tel questionnaire. Cette initiative nous paraît très positive. Cependant nous sommes déroutés par le langage employé, difficile à  comprendre par la majorité des baptisés.


 2. Sur le mariage selon la loi naturelle

Il ne nous semble pas  qu’à l’époque actuelle  les couples se posent la question de la conjugalité sous l’angle de la loi naturelle. Ce n’est ni un sujet de préoccupation, ni un centre d’intérêt ; donc pas de contestation   pour un concept qui n’a pas d’écho dans notre société.

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 3. La pastorale de la famille dans le contexte de l’évangélisation

f) Quelle attention pastorale l’Église a-t-elle montré pour soutenir le cheminement des couples en formation et des couples en crise ?

Il y a beaucoup  de propositions qui sont nées de l’initiative de chrétiens,  tant pour la préparation que pour l’accompagnement en situations de crise, et cette diversité est bonne....  et à encourager. Il existe aussi beaucoup de propositions dans les paroisses.

Il faut noter l’intérêt de l’initiative de catholiques qui accompagnent la préparation et la célébration de mariages civils Les maires sont de plus en plus attentifs à la qualité de ces mariages civils.

On note que les personnes en difficulté se sont senties aidées et accompagnées par des prêtres dans les paroisses mais elles affirment toutes, en même temps, que le discours de l’Eglise  hiérarchique les rebute.

Il faudrait faciliter  une présence aux couples en crise. Faudrait-il  créer des services d’écoute pour les « couples en crise »,  à la manière des équipes d’accompagnement des familles en deuil ? (après formation indispensable).

Pourquoi interdire à des couples remariés après divorce de participer aux équipes de préparation au mariage ? Ils ont pourtant   une expérience riche à apporter. Certes il ne faut pas qu’ils soient les seuls dans la préparation !

Nous constatons que beaucoup de jeunes à la marge sur le plan de la foi (ce sont ceux que le Pape François veut rencontrer à la périphérie) souhaitent une « belle cérémonie » pour fêter leur union,  mais pas forcément un sacrement. Pourrait-on leur proposer une fête et un cheminement  catéchuménal comme pour le baptême des adultes ? Ce chemin pourrait aboutir  éventuellement au sacrement de mariage. Le mariage c’est la base de la solidarité humaine : les crises de l’emploi notamment sont souvent prises en charge, de fait,  par la solidarité familiale.

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4. Sur la pastorale pour affronter certaines situations matrimoniales difficiles

a)      Le concubinage ad experimentum est-il une réalité pastorale importante dans votre Église particulière ? À quel pourcentage pourrait-on l’estimer numériquement ?

b)      Existe-t-il des unions libres, sans reconnaissance aucune, ni religieuse ni civile ? Y-a-t-il des données statistiques sûres ?

Proposer l’Évangile sur la famille s’avère plus que jamais urgent et nécessaire. L’importance du thème se manifeste par le fait que le Saint-Père ait décidé d’établir pour le Synode des Évêques un itinéraire de travail en deux étapes: la première, l’Assemblée Générale Extraordinaire de 2014, visant à préciser le “status quaestionis” et à recueillir les témoignages et les propositions des Évêques pour annoncer et vivre de manière crédible l’Évangile de la famille ; la seconde, l’Assemblée Générale Ordinaire de 2015, pour chercher des lignes d’action pour la pastorale de la personne humaine et de la famille.

 Le concubinage est la pratique courante dans notre société actuelle. Parfois il est définitif (avec ou sans Pacs) et semble en progression. Le pourcentage doit en être connu de l'Insee. Parfois il est temporaire mais de durée variable pour plus de 95% des couples avant mariage civil et religieux.

c) Les séparés et les divorcés remariés sont-ils une réalité pastorale importante dans votre Église particulière ?

À quel pourcentage pourrait-on l’estimer numériquement ? Comment affronter cette réalité au moyen de programmes pastoraux adaptés ?

d) Dans tous ces cas, comment les baptisés vivent-ils leur situation irrégulière ? Ils en sont conscients ? Manifestent-ils simplement de l’indifférence ? Se sentent-ils écartés et vivent-ils avec souffrance l’impossibilité de recevoir les sacrements ?

e) Quelles sont les demandes que les personnes divorcées et remariées adressent à l’Église à propos des sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation ? Parmi les personnes qui se trouvent dans ces situations, combien demandent ces sacrements ?


Les divorces, fréquents après mariage civil (47% des cas)  sont aussi une réalité importante après mariage religieux (plus de 35 à 40%), suivis de remariage dans 2/3 des cas.

Notre groupe relève que ce n'est pas le Christ qui a institué le mariage mais l'Eglise (IXème siècle). Pourquoi stigmatiser des situations par une « pastorale particulière » ? L'Eglise   devrait,   non   « catégoriser»   mais   accueillir   des   personnes   dans   leur singularité. La vocation de l'Eglise est « universelle ». Les personnes connaissant ou ayant connu des difficultés ne sont-elles pas avant tout des hommes et des femmes « en chemin » comme chacune et chacun ? Pour celles (les plus rares) qui persistent dans une pratique religieuse, la plupart ressentent non seulement une souffrance mais aussi et surtout une incompréhension des « règlements de l'Eglise » (refus de sacrements), sentiment partagé par bien des croyants et incroyants de leurs entourages. 

f) La simplification de la pratique canonique pour la reconnaissance de la déclaration de nullité du lien matrimonial pourrait-elle offrir une réelle contribution positive à la solution des problèmes des personnes concernées? Si oui, sous quelles formes?

g) Existe-t-il une pastorale spécifique pour traiter ces cas ? Comment cette activité pastorale se déroule-t-elle ? Existent-ils des programmes à ce propos au niveau diocésain et national ? Comment la miséricorde de Dieu est-elle annoncée aux personnes séparées et aux divorcés remariés ; comment le soutien de l’Église dans leur cheminement de foi est-il mis en acte ? 

Les reconnaissances en nullité de mariage nous semblent un comble d’hypocrisie dans bien des cas !

Une « simplification canonique » ne résoudra rien, tant pour le couple que pour les enfants et l'entourage. Pourquoi déclarer invalide un mariage qui a existé (même dans sa dimension spirituelle) au risque de blesser les personnes (époux et enfants) ? Ce qui est à annuler c’est la sacramentalité   ;  comment pourrait-on « annuler » la vie de ce couple en ses premières années ? Qu’on dise que le mariage n’était pas sacramentel  OUI  ! qu’on dise que ce qui s’est vécu, c’était  « nul »   NON !

Jésus a accueilli tout le monde. Pourquoi une pastorale particulière et stigmatisante ? L’Eglise déploie une grande énergie à tenter de résoudre les problèmes qu’elle a créés elle-même   :   sacralisation   rapide   des   mariages   religieux   et   refus   obstiné   de réconciliations. Lorsqu'on parle de miséricorde il faut se souvenir que la miséricorde de Dieu passe  par  la  bonté  des personnes   (et  donc de  nous tous,  membres de l'Eglise).

L’Eglise orthodoxe a  une pratique différente de la nôtre. Nous aurions probablement à entendre ce qu’elle peut nous dire à ce sujet.

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5. Sur les unions de personnes du même sexe
a : Existe-t-il dans votre pays une loi civile qui reconnaisse aux unions de personnes du même sexe une quelconque équivalence au mariage ?

Une loi a été votée en France sur le mariage civil 

b : Quel est le comportement des Églises particulières et locales tant envers l’État promoteur d’unions civiles entre personnes du même sexe, qu’envers les personnes impliquées dans ce type d’union ?

L'Eglise (cf. articles du catéchisme) est opposée à l'union homosexuelle. Elle dit que Dieu réprouve l'homosexualité mais Dieu n'est-il pas trop souvent le « refuge de l'ignorance »? Toutefois des baptisés, prêtres et laïcs,  accueillent positivement les personnes et les couples homosexuels.

c : Quel est le comportement des Églises particulières et locales tant envers l’État promoteur d’unions civiles entre personnes du même sexe, qu’envers les personnes impliquées dans ce type d’union ?

Ne pourrait-on envisager un accueil et une bénédiction qui soit leur adaptée ? 

d : En cas d’unions entre personnes du même sexe qui aient adopté des enfants quel comportement pastoral tenir en vue de la transmission de la foi ?

Cette question nous a paru « inadmissible ». Les enfants doivent être accueillis

(catéchèse et sacrements) sans  stigmatisation, quelle que soit leur situation familiale. 

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7. Sur l’ouverture des époux à la vie. 

Il conviendrait de parler, non pas de paternité, mais de parentalité responsable…

La  doctrine  morale  de  Humanae  Vitae    n’est  pas  acceptée  par  la  plupart  des chrétiens, y compris pratiquants ; beaucoup ont quitté l’Eglise à cause d’elle. Les plus jeunes ne la connaissent pas ! 

Il nous semble que l’Eglise doive prôner la qualité de l’amour entre deux êtres et appeler à un idéal de vie, et non pas faire une évaluation morale des méthodes de régulation des naissances.

Chaque couple est un cas particulier et doit en conscience adopter celle qui convient le mieux  pour l’accomplissement de sa relation.

Les modes de vie contemporains rendent difficiles l’observance des méthodes dites naturelles et l’éducation civile ne les retient pas comme fiables.

Il   faut   promouvoir   une   mentalité   ouverte   envers   la   natalité   sans   favoriser systématiquement la croissance des naissances, du moins au niveau mondial. 

Des chrétiens s’éloignent de l’Eglise à cause de sa position sur l’assistance médicale à la  procréation,  pour  d’autres  qui  recourent  à  ces  méthodes  c’est  un  surcroît d’angoisse et de souffrance.

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8. Sur le rapport entre la famille et la personne

c)      Quelles situations critiques de la famille dans le monde d’aujourd’hui peuvent-elles devenir un obstacle à la rencontre de la personne avec le Christ ?

Il y a des paroles de l’Eglise  sur des situations familiales qui sont insupportables : par ex, la condamnation, encore aujourd’hui, de  la contraception.  Le sensus fidei n’a pas été respecté sur cette question. Beaucoup de déclarations de l’Eglise sur la sexualité sont irrecevables par les familles.

La condamnation des homosexuels par des responsables d’Eglise éloigne du Christ les familles dans lesquelles ils vivent.

Les discours  intransigeants ne tiennent pas compte de la personne dans sa situation et l’éloignent souvent du Christ et de l’Eglise, au lieu d’annoncer la miséricorde. La maladie et la mort sont des situations qui peuvent entraîner des réactions de révolte, situations auxquelles les communautés ecclésiales doivent être particulièrement attentives.

Les familles qui  ont un enfant handicapé peuvent, du fait de cette souffrance, s’éloigner du Christ.

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9. Autres défis et propositions

La célébration des obsèques est un lieu et un moment privilégiés pour accueillir la diversité des situations familiales avec leurs ratés et leurs échecs et pour y dire l’amour de Dieu ;

Des réalités qui se posent aux familles ne sont pas évoquées par ce questionnaire (par ex les familles recomposées, les familles monoparentales...)

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le 9 janvier 2014

mis en ligne le 7 février 2014, par Jean Derouault

jeudi 13 juin 2013

Un sujet toujours d'actualité ...




                               Place des femmes dans l'Eglise


         A travers les subtilités sémantiques relatives aux diaconats (masculin, féminin) et à la diaconie des baptisés, se joue en réalité une nouvelle fois la question de la place des femmes dans la gouvernance de l’Église.
            A propos de la « vocation propre » de l'homme et de la femme, personne ne met en doute les qualités de la femme pour la tenue de la maison (le balayage, les fleurs...et autres « charismes » féminins), ni même depuis longtemps pour le sourire, l'accueil, la catéchèse voire les lectures.....; mais déjà, la présence de filles comme servantes d'autel pose problème à quelques célébrants et les femmes ne donnent pas la communion dans certaines paroisses,
            Bien que quelques unes soient présentes dans les structures proches du pouvoir ecclésial (conseils presbytéraux ou dicastères romains) on peut dire qu'elles sont, en fait, absentes de la gouvernance de l'Institution (élection du pape, décisions de tous genres, nominations diverses dans les diocèses etc).
            Monseigneur JP Batut, dans un forum La Croix  (21 mai) rappelle un ouvrage du père Bouyer (1976) dans lequel il était dit que le ministère de « représentation » ne pouvait être que masculin puisque le Christ était « masculin ».
            Le  caractère  fondamental (et divin) du Christ était-il localisé dans son sexe, ou quelque autre élément corporel ?; la couleur un peu cuivrée d'une personne du Moyen-Orient pourrait alors faire exclure du sacerdoce les personnes à la peau trop blanche ou trop noire !
            D'autres caractères, aussi importants et peut-être davantage (les jambes qui permettent de se déplacer, les mains qui prennent, qui donnent, qui portent, qui caressent, qui dessinent ou qui prient, la bouche et la langue qui disent et qui chantent, le coeur,  le cerveau qui pense, qui compatit, qui prie, qui supporte la souffrance, qui entraîne vers la Joie), ne sont-ils pas des éléments communs aux deux sexes?
            Comment peut-on affirmer que « par son sexe », un individu masculin est le seul à pouvoir être « in personna Christi »? Une telle affirmation est à mi-chemin entre honte et absurdité.
            Pourquoi sur un tel sujet, ne fait-on pas appel au « sensus fidei »? Depuis 10 ans (*) tous les sondages, au moins en France (*) disent que 75% des baptisés, une nette majorité de « pratiquants » et plus d'un tiers  des prêtres, sont favorables à l'ordination des femmes. Pourquoi ne pas en tenir compte?.
            Y-a-t-il d'ailleurs un abîme entre le bon sens et le « sensus fidei » ?
            Ne dit-on pas depuis longtemps que, lorsque Dieu fit l'homme à son image, il le fit homme et femme? Maintenant que les femmes ont montré leurs capacités dans tous les domaines, il serait temps que l'Institution ecclésiale se laisse dépoussiérer sur ce sujet par le vent de l'Esprit. Le temps perdu ne se rattrape pas souvent.
           
                                                                        Jean-Michel Guillard (33)
                                                                        mai 2013

*dernier en  date: IFOP mars 2013
           
mis en ligne par Jean Derouault le 13 juin 2013
           

           

jeudi 30 mai 2013

Les échos des forums « coresponsabilité en Église »

Le groupe « Dialogue et Liberté » a organisé une (double) rencontre sur le thème de la «coresponsabilité en Église» ce mois d'avril 2013, le samedi 20 (salle paroissiale à Pessac) et le dimanche 21 (ND des Anges), au choix des participants.

En effet notre ancien pape, Benoît XVI avait lancé la réflexion dans un document qu'il a publié à l'occasion du colloque Forum international d’Action catholique (FIAC), dans le cadre de la VIe Assemblée ordinaire de ce Forum, qui s'est tenu en août 2012, à Iaşi , sur le thème «coresponsabilité ecclésiale et sociale». Vous pouvez trouver son message à cette adresse sur le site officiel du Vatican :

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/messages/pont-messages/2012/documents/hf_ben-xvi_mes_20120810_fiac_fr.html


50 personnes ont partagé sur ce thème, sous la forme « d'ateliers » ludiques de trente minutes qui ont permis, dans une ambiance amicale, des échanges intéressants sur cette part importante de la vie ecclésiale (coresponsabilité clercs/laïcs), dans la perspective de l’annonce de la Bonne Nouvelle.
   
astuce pour accéder aux liens, testée avec Internet Explorer et Firefox :
cliquez sur la touche droite et choisissez "nouvel onglet" ou "nouvelle fenêtre"

Nom de l’atelier
 
Production de l’atelier
 
Jeu de mots à la manière du  cadavre exquis
soyez curieux !  cliquez sur
 ►  Cadavre exquis
 
Rédiger des phrases selon des contraintes  incontournables : inclure un groupe de mots imposés

A la manière du Jeu de l’oie
pour jouer vous aussi, cliquer sur
 ►  Jeu de l'oie

Repérer des situations de gouvernance (bonne ou mauvaise) et compléter le jeu


Insuffler une éthique démocratique 
pour en savoir, plus cliquer sur  
► principes démocratiques


Rédiger les modes opératoires pour des actions
 à mener ici et maintenant

Clin d’œil théologique
clic ► Clin d'œil

Choisir, parmi 6 ou 7 propositions,
les formulations les plus  riches,
vu la mission de l’Église.

la coresponsabilité
aux 1° siècles de l’Église.
clic ► l'Église primitive

 

Sélectionner dans des séries,
des exemples historiques
à promouvoir
ou dont se débarrasser ???



5 ateliers de 25 minutes ;
un nouvel atelier démarre à chaque heure pile et à chaque demie  (gong sonnant !). Les participants au forum  changent donc d’ateliers  toutes les 25 minutes mais ils peuvent aussi choisir de  regarder un atelier « de loin »   quasiment en auditeur libre , ou de revenir 2 ou 3 fois dans un atelier déjà expérimenté ! C’est un forum où chacun fait ce qui est bon pour lui. Les ateliers fonctionnent  avec au moins deux ou trois personnes

Et vous , visiteur sur Internet , vos commentaires seront appréciés

(ci-dessous , pour des remarques générales ,
ou à la fin de la fiche de chaque atelier) 



et voici quelques


Fruits des ateliers des 20 et 21 avril 2013


Les phrases du jeu de mots

La communauté de chrétiens, c’est-à dire l’Église croit en la Résurrection ; ses membres, les uns avec les autres, partenaires actifs et dynamiques, sont témoins de l’amour Trinité.

Tous co-acteurs, unis dans le bonheur de témoigner du Père. Nous sommes l’Église.

En Église, de tous âges et de toutes conditions, peuple uni par l’eau du baptême, tous les baptisés, dans la joie et l’espérance, annoncent et proclament la Bonne Nouvelle , avec ou sans mégaphone, et témoignent du Dieu de Jésus-Christ, Père et Esprit. Engagés et conscients de notre coresponsabilité, communauté nombreuse dans le bonheur de vivre du Christ.

Tous les baptisés sont enfants de Dieu et donc frères ; ils forment le Corps du Christ.  Ensemble, ils constituent une famille marchant vers le Messie. Leur joie de vivre le partage exulte par une danse. Allons de l’avant pour donner à voir (annoncer) le message de la Bonne Nouvelle : Dieu est Lumière et Amour indicible. Clercs et laïcs ont à partager la coresponsabilité de cette annonce.
Tous les baptisés ensemble, en robes blanches : l’Eglise, communion de femmes et d’hommes, de chacun avec tous.
Dans la joie, la lumière, le rayonnement de l’amour, ils croient, ils proclamant, ils annoncent le Christ, au son des trompettes.
Mais Dieu, Père de toute vie, est aussi dans la brise légère. Il nous envoie comme témoins actifs, coresponsables de la Mission.


Les post-it "Jokers" du jeu de l’oie

—      Bravo pour toutes les équipes qui assurent l’accompagnement de familles en deuil !

Dommage qu’il y ait si peu de tolérance dans nos  paroisses !
 
 
 mis en ligne par Jean Derouault le 30/05/2013